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Commission nationale Enseignement Supérieur et Recherche du PCF

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CONSTRUISONS ENSEMBLE LE FRONT DE GAUCHE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE

le 13 mars 2012

Engagé-e-s dans le Front de Gauche, travailleurs scientifiques de tous les champs disciplinaires, de toutes catégories, nous voulons construire un large rassemblement autour de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cela suppose votre contribution et votre engagement.

Comme vous, nous sommes scandalisé(e)s par le déferlement des contre- réformes qui se sont abattues au pas de charge sur l’enseignement supérieur et la recherche durant tout le mandat de N. Sarkozy .

Le Service public national d’Enseignement supérieur et de la Recherche doit faire face à de nouveaux défis sociaux et environnementaux ; les relever suppose de permettre à toutes les citoyennes et citoyens, par la formation initiale ou permanente d’accéder au plus haut niveau de la connaissance.

Il suppose la coopération la plus large entre potentiels nationaux, européens, et mondiaux. Le printemps arabe met au premier plan des urgences la coopération scientifique et technologique avec les pays du Sud, pas les ventes d’armes, ni un modèle universitaire clefs en main.

Devant la crise écologique, les dégâts planétaires d’un système boulimique de profits et le pillage des ressources naturelles, il faut des choix nouveaux sur le plan énergétique, comme sur le mode de production. Après Durban, chaque pays est mis en demeure d’agir contre le désastre du réchauffement climatique. L’enseignement supérieur et la recherche doivent y apporter leur contribution.

Nous voulons contribuer à créer les conditions du libre développement des capacités créatrices des êtres humains en construisant d’autres référentiels que ceux des modèles productivistes prévalant jusqu’alors. Cela suppose un fort développement industriel et technologique en interaction avec la recherche, où prévale la logique de service public .

Le droit de tous à pouvoir intervenir sur les choix de stratégie scientifique, de maîtriser les enjeux technologiques et industriels, doit être garanti par des instances appropriées.

La politique de N. Sarkozy tourne le dos à cette vision d’avenir.

Jamais le potentiel universitaire n’a été ainsi saccagé, sous couvert d’excellence. Jamais le CNRS n’a fait l’objet de tels assauts qui minent son existence en tant que Grand Organisme Public de Recherche généraliste.

Avec cette politique, l’asservissement à l'économie libérale, aux grands groupes et à leurs actionnaires est devenue la règle ; jamais l’indépendance intellectuelle des métiers de la recherche n’avait été autant compromise. La connaissance n’est pas une marchandise.

Pas davantage que vous, nous n’acceptons que nos métiers soient livrés aux affairistes ; pas davantage que vous nous n’acceptons le credo de la précarisation, la xénophobie, une démocratie mise au pas, les droits des femmes ignorés ou comprimés, l’ évaluation par les pairs saccagée et mise à la sauce des agences de notation , une collégialité raturée.

Nous le proclamons avec vous : la logique managériale ne peut être le mode d’existence de l’enseignement supérieur et de la recherche ; avec elle, nos métiers perdent tout sens, nous ne l’acceptons pas.

Mais cet ensemble de mesures désastreuses n’est pas isolé ; il puise ses fondements dans le Traité de Lisbonne, dans la prétendue stratégie de Bologne, dans les prétendus dogmes de l’OMC… De tout cela, on peut et on doit sortir.

Aujourd’hui, vous en faites le constat comme nous : les choix politiques mis en œuvre ont apporté partout le désordre, la démotivation, le gâchis de temps et de compétences.

Pour le Front de Gauche, une rupture avec cette politique de mise en concurrence de tous contre tous est indispensable. C’est la condition de la mise en œuvre d’une autre politique

Nous faisons nôtres ces mots du Manifeste des intellectuels de Guadeloupe :

« Lier, allier, relayer, rallier »

Une autre politique marquée par des choix de gauche est possible ; elle n’est possible qu’avec vous ; le Front de Gauche avance des propositions, contenues dans le programme « L’humain d’abord » mais ces propositions sont soumises à débat, critique, enrichissement et approfondissement.

Ensemble, faisons sauter les étouffoirs d’avenir que sont les IDEX, la Loi dite LRU, et autres AERES ; le Pacte Pour la Recherche doit être abandonné , l’ANR profondément transformée .

Ensemble, donnons du punch à la gauche ; elle en a besoin.

Résistons, débattons, construisons ! Avec toutes celles et ceux déjà dans l’action, rendons impossible tout nouveau pas en avant de cette politique.

Ensemble, construisons des choix neufs, de gauche, rendons les incontournables ; rejoignez-nous.

Le Front de Gauche a besoin de vous, vous avez besoin du Front de Gauche. Signez l'appel sur http://www.placeaupeuple2012.fr/esr/

    Adresse du C3N aux candidats à l’élection présidentielle… et aux électeurs !

    Le C3N, composé du président et du bureau du Conseil Scientifique du CNRS, des dix présidents des Conseils Scientifiques d’Institut du CNRS, du président et du bureau de la conférence des présidents des sections du Comité National de la Recherche Scientifique, s’est réuni ce 28 février 2012 à Paris. Au nom des instances qu’ils représentent, les participants souhaitent relever l’erreur consistant à voir comme une réussite la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche, et veulent témoigner de son insuccès par l’adresse suivante :

    Contrairement à ce que disent François Hollande et Nicolas Sarkozy, la réforme de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche n’est pas une réussite ! Au lieu de promouvoir « la lisibilité et la visibilité » et de favoriser l’innovation et les partenariats, ces réformes n’ont fait qu’accroître la complexité, le conformisme et la compétition stérile.

    La politique des Investissements d’Avenir aboutit, sous couvert d’excellence, à empiler les structures, dans une compétition contre-productive entre les territoires, les régions, les établissements, les laboratoires, et même entre les individus. Le résultat est un grand gaspillage d’énergies, de compétences et de moyens, un déni de démocratie et la création de déserts universitaires. Il est temps de supprimer les structures redondantes.

    En matière d'évaluation, l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur fonctionne de manière opaque et souvent insatisfaisante. Nous préconisons qu’elle s’appuie largement sur l’expertise du Comité National et du Conseil National des Universités, qui émanent de façon transparente de la communauté scientifique. 

    La recherche à long terme et la prise de risque, toutes deux nécessaires à une politique ambitieuse, ne peuvent pas se contenter de financements sur projets et à court terme (Agence Nationale de la Recherche, régions, Europe etc..), ni des emplois précaires qu’ils génèrent. Les réformes ont affaibli le financement de base des laboratoires, réduit en moyenne sur le quinquennat d’au moins un tiers, parfois beaucoup plus. Nous préconisons un rééquilibrage d’urgence entre financements de base et sur projets.

    Le Crédit Impôt-Recherche (CIR, plus de 5 milliards d’euros en 2011, soit plus de dix fois ce que le CNRS peut affecter à ses laboratoires) est une mesure dont l'efficacité a été sérieusement critiquée par la Cour des Comptes. Il n’a pas l’impact attendu sur la recherche, y compris sur le plan de l’innovation et des partenariats. Redéployer vers la recherche publique la part du CIR revenant aux grandes entreprises (au moins 3 milliards) en multiplierait l’efficacité.

    Il est urgent de mettre en œuvre une réforme concertée et intelligente, qui s’appuie sur les compétences internationalement reconnues de la recherche et de l’enseignement français.

    APPEL du Front de Gauche Pour en finir avec la précarité dans la recherche et l’enseignement supérieur

    le 05 janvier 2012

     

    Casse des métiers,  haro sur la fonction publique,  précarité, assez !

    Commencé dans la violence légale avec le vote à la sauvette de la loi LRU, le quinquennat Sarkozy s’achève par des coups redoublés contre ce qui constitue une part de l’avenir du pays. 

    Avec méthode et jusqu’au bout, on détricote tout ce qui a fait de l’enseignement supérieur et de la recherche publics en France un service public national de pointe offrant de garanties d’indépendance intellectuelle fondamentales. Après le ballon d’essai de J.‑F. Mancel (UMP) en janvier dernier, voici L. Hénart (UMP) qui veut, dans le cadre de la Loi de Finances 2012, mettre fin au statut de fonctionnaire d’État aux universitaires. 

    La précarité et la précarisation constituent le credo de la droite au pouvoir, celui du MEDEF, de la Table Ronde des Entrepreneurs Européens, et des marchés financiers.

    Dans tous les domaines de l’enseignement supérieur, comme dans les autres secteurs de l’activité sociale et économique, cette politique conduit au désastre. Elle n’a créé nulle part une efficacité nouvelle. Elle a créé partout des situations scandaleuses, frappant le plus souvent les femmes, et en masse les jeunes ; elle a créé partout la désorganisation, l’amertume de la qualification non reconnue, la démotivation, l’indignation, la colère légitime.

    Cette politique qui foule aux pieds la dignité des êtres humains avant toute chose, il est plus que temps d’y mettre un terme. 

    Travailleurs scientifiques de toutes disciplines nous vous appelons à débattre avec nous.

    Parce que nous pensons que le devoir d’une politique de gauche issue des urnes en 2012 est de mettre un terme définitif à ce saccage des vies humaines, à cet étouffoir d’avenir.

    Parce que nous pensons qu’une politique de gauche résolue a les moyens de ce choix.

    Parce que nous pensons que notre pays, l’un des plus riches de la planète, doit pour ce faire, se libérer de la dictature de la finance.

    Avec ce choix, notre pays donnerait une impulsion considérable à toutes celles et ceux qui dans l’Union Européenne, dans leur diversité, cherchent les moyens de sortir de l’horreur économique.

    Rejoignez-nous ! 

    Construisons ensemble les solutions alternatives. Mettons en commun nos énergies, nos idées. En nous rassemblant ainsi dans l’élaboration de solutions alternatives, nous donnerons du punch à toute la gauche. Elle en a besoin.

    Voués à une précarité éternelle ? Le scandale de la recherche et l’enseignement supérieur

    Par Daniel Steinmetz, le 05 février 2012

    Voués à une précarité éternelle ? Le scandale de la recherche et l’enseignement supérieur

    Après le Sénat, l’Assemblée Nationale va débattre, du 7 au 9 février, de la loi dite Sauvadet qui vise à proposer une résorption partielle de la précarité qui touche plus deux millions de personnels des trois fonctions publiques. Avec près d’un tiers de ses personnels en CDD, soit plus de 55 000 personnes, le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche paye aujourd’hui un lourd tribut sur l’autel de l’emploi précaire. Mais c’est depuis de longues années qu’il déroge aux lois communes du droit du travail et du droit en matière d’emploi public. Du 19e au 20e siècle, l’enseignement universitaire s’est organisé autour d’un corps de professeurs titulaires et d’une armada d’assistants contractuels. Ce n’est qu’en 1985 que les assistants ont été progressivement titularisés dans le corps des maîtres de conférences. En 1939, le CNRS ne rémunérait ses chercheurs que sur bourse et ses techniciens à la tâche. Il a fallu attendre Joliot-Curie en 1945 pour voir les premiers versements de salaires et 1955 pour qu’après de dures batailles syndicales, le statut de contractuels d’État soit accordé aux personnels du CNRS. Le summum a été atteint avec le régime des libéralités. Cette forme de travail au noir a été jusqu’à très récemment largement utilisée par les associations caritatives (Ligue contre le Cancer, ARC, etc.), mais aussi par divers ministères pour payer à la tâche de jeunes scientifiques sans leur accorder de sécurité sociale ni de cotisation retraite.

    Ainsi, les cadres dirigeants de nos organismes et de nos universités sont nombreux à théoriser l’intérêt de la précarité. Pour les plus honnêtes, il s’agit d’une fatalité issue du monde universitaire anglo-saxon ; pour les plus machiavéliques, il faut une longue période de maturation pour pouvoir faire ses preuves et mériter vers la quarantaine un emploi stable. Pourtant, si les loups affamés chassent mieux, les chercheurs précaires ne sont pas plus inventifs !

    Mais cette précarité qui touche aussi de nombreux techniciens et personnels administratifs se heurte à la nécessité de conserver l’expérience acquise par des personnels souvent très qualifiés. Aussi, dans de nombreux laboratoires et administrations, on a multiplié les astuces pour garder en place les personnels. Lorsque la règle interdit de conserver un CDD plus de trois ans, il suffit de faire tourner les fonds entre différentes administrations de tutelle : CNRS, Inserm, Université, Hôpital ou association 1901. Depuis 2005, la mise en place de l’Agence National de la Recherche a multiplié les contrats sur projets et les CDD. C’est ainsi qu’en peu de temps, les personnels précaires ont atteint de 30 % à 40% des effectifs des différents organismes de recherche.

    Plutôt que de mettre fin à ce scandale, le gouvernement cherche à contourner la future loi. Il a recensé a minima les précaires concernés, sans en particulier repérer ceux qui bénéficiaient d’employeurs successifs. Il a préparé des amendements qu’il n’a pas voulu déposer au Sénat mais qui seront déposés à l’Assemblée. Il refuserait de prendre en compte la période de thèse en limitant ainsi le nombre de précaires éligibles à la loi. Il établirait des contrats de projets spécifiques à la recherche pouvant aller jusqu’à neuf ans en dérogeant à l’obligation de faire passer les personnels en CDI après six ans de CDD.

    La persistance de cette volonté de sortir la recherche du droit commun est inacceptable. La CGT, avec les autres syndicats de la recherche et de l’université, mobilisent les personnels pour la mise en place d’un plan de création d’emplois permettant de résorber la précarité. Dans la perspective des élections présidentielles, les personnels attendent des candidats des engagements clairs sur l’emploi dans la recherche publique.

    Tribune publiée dans l'Humanité du 3.02.2012.

    La Sarko-université de Toulouse: une valeur sûre du libéralisme

    Débat sur l’enseignement supérieur et la recherche à la Fête de l’Humanité le 17.09.2011